Un texte de Katie Charpentier, collaboratrice
Lire Presse-Jus de Valérie Chevalier et Matthieu Simard, c’est se laisser emporter dans une correspondance intime où deux âmes, à travers des lettres échangées, apprennent à se dévoiler, à se comprendre et à s’accepter. Chaque mot, chaque phrase résonne de vérité et de sincérité. C’est une lenteur bienvenue, un retour à une époque où les mots avaient le temps de se choisir, où l’attente d’une réponse apportait une tension douce, presque suspendue.
Dans cette œuvre épistolaire, les personnages se découvrent petit à petit : Hugo, un père, écrit au Père Noël pour son fils Noah, et Pauline, bénévole chez Postes Canada, lui répond sous l’apparence d’une lutine. Cette correspondance, débutant innocemment, se transforme peu à peu en un espace de partage profond. Ils s’y confient, explorent leurs peurs, leurs désirs et leurs blessures, et bâtissent, à travers leurs échanges, un cocon de confiance où l’authenticité prime.
L’histoire, d’une douceur rare, est également ponctuée de touches d’humour, tout en soulevant des questions universelles sur l’humanité, la vulnérabilité et le courage d’être soi. À travers cette rencontre, qui se développe avec patience et ouverture, le livre nous invite à redécouvrir la richesse des liens humains et l’importance de prendre le temps de se comprendre, loin de la rapidité des échanges numériques d’aujourd’hui.
En nous replongeant dans l’art du dialogue écrit, Presse-Jus nous rappelle que les lettres ne sont pas seulement un moyen de communication, mais un véritable pont vers l’autre. Ce pont se construit avec soin, patience et un désir sincère de connaître l’autre, et, par extension, soi-même. Cette œuvre est une invitation à ralentir et à reconnecter avec l’essentiel.
Offert par les Éditions Hurtubise au format de 208 pages au coût de 22,95 $
Bonne lecture!

Un texte de
À l’affiche dès aujourd’hui, le film Le cyclone de Noël, réalisé par Alain Chicoine et inspiré par la populaire série télé L’œil du cyclone, est une petite pépite de rires, de traditions familiales et de magie des Fêtes. Grande amatrice de film de Noël dit cul-cul et de la série, j’ai été très bien comblée.
Depuis le 30 octobre, le théâtre Duceppe présente Incendies, chef-d’œuvre de Wajdi Mouawad. La pièce est présentée à Montréal pour la première fois depuis sa mise en scène originale et son adaptation cinématographie par Denis Villeneuve. Ce sont les sœur Ines et Elkahna Talbi qui ont su relever le défi de la mise en scène.
L’artiste innue aux multiples talents, Soleil Launière, nous invite à une performance atypique au cours de laquelle elle partage la scène avec sa fille de un an, sa mentore septuagénaire et une contrebassiste. « Aianishkat », qui signifie « d’une génération à l’autre », incarne une valeur fondamentale des cultures autochtones : la transmission intergénérationnelle. À travers les aînés et les plus jeunes, des savoirs cruciaux pour la survie et l’harmonie du territoire — qu’il s’agisse des humains ou des animaux qui l’habitent — se perpétuent. Toutefois, pour la génération de Soleil Launière et celle qui l’a précédée, ces liens vitaux ont été fragilisés par des ruptures forcées dans les familles.

Êtes-vous tombé en amour, comme moi, avec l’autobiographie de Ricardo Trogi? Incarné par l’acteur principal Jean-Carl Boucher, 1995 fera suite aux populaires 1981, 1987 et 1991. Ricardo a 24 ans. Il a abandonné son rêve de devenir cinéaste et doute de son avenir en tant qu’artiste. Il a en quelque sorte accepté son destin d’être un simple citoyen perdu dans notre société de consommation. Un tournant dans sa vie survient lorsqu’il reçoit un appel de Radio-Canada : sa candidature a été retenue parmi les finalistes de l’émission La Course, édition 1994-95. Il devra parcourir plusieurs pays afin de réaliser de courts reportages sur différents sujets. L’action principale se déroule lors de son périple en Égypte. Ricardo fera face à plusieurs difficultés au cours de son voyage en tentant de réaliser le reportage de sa vie! Peu importe les obstacles et les embûches (et croyez-moi, il y en aura!), il nous prouve que l’on peut toujours atteindre nos buts quand on croit en nous. Les liens que l’on crée en voyageant et les rencontres faites lors de ces périples nous aident à grandir et peuvent toujours nous être utiles. Ricardo croyait changer le monde avec son reportage en Égypte, mais il a gagné quelque chose d’encore plus important : le respect et l’admiration de son père. Nous apprenons d’ailleurs que c’est la principale raison qui l’a poussé à continuer son métier.