Un texte de Virginie Jullien-Burdin, rédactrice
Dans Pour en finir avec l’école à trois vitesses, Anne-Marie Boucher s’intéresse à une question qui touche directement de nombreuses familles québécoises : comment en sommes-nous arrivés à un système scolaire où les élèves n’évoluent pas tous dans les mêmes conditions?
Mêlant enquête sociologique, témoignages et réflexion personnelle, l’autrice se penche sur la concurrence entre les écoles secondaires privées, les écoles publiques et les programmes pédagogiques particuliers. Dans ce marché scolaire nourri par la sélection, les palmarès et la pression parentale, elle met en lumière les mécanismes qui, selon elle, contribuent à accentuer les inégalités entre les élèves.
Au-delà du constat qu’elle dresse, l’autrice propose aussi une voie pour l’avenir : celle d’un réseau scolaire commun misant sur une formation de qualité pour tous les enfants.
Comment en sommes-nous arrivés là?
J’ai aimé dans cet essai toute la partie qui permet de comprendre comment le système scolaire québécois en est arrivé là.
En tant que Française (et mère de 3 enfants) vivant au Québec, je connaissais évidemment certaines réalités du système scolaire québécois, mais je n’en connaissais pas l’histoire et les différents choix qui ont contribué à façonner le réseau que nous connaissons aujourd’hui. L’essai permet de mieux comprendre comment se sont développés les différents parcours scolaires et comment la concurrence entre les établissements, les programmes particuliers et le réseau privé a progressivement pris une place importante.
Écoles privées, programmes pédagogiques particuliers, établissements publics réguliers… les possibilités sont nombreuses et peuvent donner l’impression d’offrir davantage de choix aux familles.
Mais derrière cette apparente diversité se trouve une question beaucoup plus complexe : que se passe-t-il lorsque tous les enfants n’ont pas accès aux mêmes possibilités?
Quand la réussite devient une compétition
Palmarès, examens d’admission, programmes particuliers, réputation des établissements… tout semble contribuer à une course vers les écoles considérées comme les meilleures.
En tant que parents, cela peut créer une pression importante. La peur de ne pas offrir suffisamment à son enfant, de faire le mauvais choix ou de le voir prendre du retard peut rapidement entrer en jeu. On veut évidemment ce qu’il y a de mieux pour nos enfants. On cherche un environnement dans lequel ils pourront s’épanouir, apprendre, développer leurs talents et avoir toutes les chances possibles de réussir.
Et pour les élèves, cette pression n’est pas sans conséquences.
Anne-Marie Boucher met notamment en lumière les effets de cette sélection sur la ségrégation scolaire, le décrochage et la pression vécue par le personnel enseignant. Lorsque les élèves les plus favorisés ou ceux qui répondent le mieux aux critères de sélection se retrouvent concentrés dans certains établissements ou programmes, les écarts entre les milieux scolaires peuvent se creuser davantage.
Le problème dépasse donc largement la question de savoir si une école est « meilleure » qu’une autre.
Il est question de justice, d’égalité des chances et de cohésion sociale.

Un plaidoyer pour une école commune
Après avoir exploré les mécanismes qui contribuent à cette école à plusieurs vitesses, Anne-Marie Boucher propose une autre façon de penser l’école : un réseau scolaire commun, dans lequel tous les enfants pourraient bénéficier d’une formation de qualité, sans que la sélection contribue à créer des écarts toujours plus importants.
Cette proposition amène forcément à réfléchir à notre propre rapport à l’école.
Comme parent, il est normal de vouloir trouver le meilleur environnement possible pour son enfant. Et on peut facilement se retrouver dans une logique individuelle. Alors, ce livre pousse à regarder la situation avec une perspective plus large : est-ce réellement possible d’améliorer l’école pour tous si chacun cherche individuellement à s’en sortir?
En nous invitant à faire un pas de côté, l’autrice nous amène à réfléchir au monde que nous voulons construire pour nos enfants, mais aussi à ce que nous voulons pour l’ensemble des enfants. Est-il réellement possible de construire une école plus juste si chacun cherche avant tout à trouver une façon de sortir son propre enfant du système?
Une réflexion qui dépasse largement l’école
Ce n’est pas un livre qui cherche à culpabiliser les parents qui veulent le meilleur pour leurs enfants. Il invite plutôt à regarder le système dans lequel nous faisons ces choix et à nous demander s’il est possible de faire autrement.
Parce que la question n’est finalement pas seulement « quelle école est la meilleure pour mon enfant? » mais : « quelle société voulons-nous construire avec eux et pour eux? »
Pour en finir avec l’école à trois vitesses est un essai engagé et particulièrement intéressant pour quiconque s’intéresse à l’éducation au Québec.
J’ai aimé découvrir ces personnes passionnées qui continuent de croire qu’il est possible de faire évoluer l’école pour le bien-être des enfants.
Parce qu’une école plus juste, ce n’est pas seulement une question d’éducation.
C’est aussi une façon de préparer les citoyens et citoyennes de demain à vivre ensemble dans une société plus juste, plus égalitaire et plus solidaire.
Et ça, c’est une réflexion qui mérite largement qu’on s’y attarde!
Informations pratiques – Pour en finir avec l’école à trois vitesses
📖 Titre : Pour en finir avec l’école à trois vitesses : Plaidoyer pour un réseau scolaire commun
✍️ Autrice : Anne-Marie Boucher
📚 Genre : Essai
🏫 Sujet : Éducation, système scolaire québécois, inégalités scolaires
📖 Éditeur : Québec Amérique
Note : La mise en page de ce texte a été générée à l’aide de l’intelligence artificielle afin d’optimiser la structure et la lisibilité du contenu.
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