
Un texte de Virginie Jullien-Burdin, rédactrice
Le bonheur de chacun : Boris Vian revisité
Et si l’amour pouvait se heurter de plein fouet à la maladie, au travail et aux intérêts financiers? Près de 80 ans après sa publication, L’écume des jours de Boris Vian n’a rien perdu de son pouvoir d’étrangeté. Le Théâtre du Portage, en résidence à la Salle Fred-Barry du Théâtre Denise Pelletier, s’empare à son tour de ce texte culte pour en proposer une nouvelle version, transposée dans le Québec d’aujourd’hui.
On y découvre Colin, un ouvrier aisé qui tombe éperdument amoureux de Chloé. Leur bonheur semble d’abord couler de source, jusqu’à ce qu’un nénuphar se mette à pousser sur le poumon droit de la jeune femme. À partir de là, leur quotidien bascule dans un univers aussi poétique qu’absurde, où les fleurs-remèdes coûtent une fortune et où le monde du travail ne semble guère se soucier du bonheur de ceux qui le font tourner.
Un univers onirique dans le Québec d’aujourd’hui
Adapter Boris Vian aujourd’hui, c’est forcément jouer avec un savant équilibre entre fantaisie, humour et aussi une certaine noirceur. L’écume des jours, ce sont des situations improbables et des inventions rocambolesques au service d’une histoire profondément humaine : celle de deux personnes tentant de préserver leur amour alors que tout autour d’elles semble progressivement se dérégler.
Le bonheur de chacun transpose l’univers de Vian dans la réalité contemporaine québécoise : le travail, l’argent, la maladie et les rapports de pouvoir s’invitent ainsi dans un récit où l’imaginaire permet de regarder notre époque autrement.
Une création qui mise sur les corps et le jeu
À l’aube du 80e anniversaire de L’écume des jours, le bonheur de chacun propose également une approche singulière des personnages et de leur présence sur scène. Les personnages sont interprétés masqués, une approche constituant l’une des marques de fabrique de Félix Emmanuel et Zoé Girard. Après Plastique, les deux créateurs poursuivent leur exploration d’une théâtralité où le corps occupe une place centrale, en jouant avec les formes, les présences et les transformations.
Le masque permet ici de pousser encore plus loin l’univers singulier de Boris Vian. En effaçant les visages, il transforme les personnages et invite le public à porter son attention sur les corps, les mouvements et les relations qui se tissent entre eux. Une façon ludique et assumée de donner vie à cet univers décalé, tout en questionnant notre rapport aux autres et au monde qui nous entoure. Leur démarche rejoint ici l’univers de Vian, en faisant cohabiter le ludique et une réflexion incisive sur notre société.
Entre romance, absurdité, poésie et critique sociale, L’écume des jours nous entraîne dans un monde où les nénuphars poussent dans les poumons, où l’on soigne les chagrins avec des fleurs hors de prix et où un pianocktail pourrait bien être la solution à tous nos problèmes.
Ou presque.
Informations pratiques
– Du 20 octobre au 7 novembre 2026
– Salle Fred-Barry, Théâtre Denise-Pelletier, Montréal
– D’après L’écume des jours de Boris Vian
– Idéation et adaptation : Félix Emmanuel et Zoé Girard
– Mise en scène : Félix Emmanuel
– Horaires et informations
Note : La mise en page de ce texte a été générée à l’aide de l’intelligence artificielle afin d’optimiser la structure et la lisibilité du contenu.
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